Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’ostéopathie est définie comme suit : « L’ostéopathie repose sur l’utilisation du contact manuel pour le diagnostic et le traitement. Elle prend en compte les relations entre le corps, l’esprit, la raison, la santé et la maladie. Elle place l’accent sur l’intégrité structurelle et fonctionnelle du corps et la tendance intrinsèque de l’organisme à s’auto-guérir. »

L’ostéopathie est une discipline thérapeutique manuelle qui se base sur des techniques de manipulations faites sur l’intégralité de la structure corporelle (muscles, os, articulations et fonctions environnantes).  Cette médecine complémentaire ne s’intéresse pas uniquement aux symptômes physiques, mais aussi aux habitudes du patient, à son style de vie et à son état global. Elle emploie une approche dite « systémique » qui vise à comprendre les causes des symptômes à partir de l’analyse du corps humain dans son ensemble.

L’ostéopathie se base sur quatre principes fondamentaux :

  • La structure gouverne la fonction : les fonctions organiques sont liées au système musculaire et osseux.

  • Le corps est commandé par une unité fonctionnelle : si une partie du corps reçoit quelque chose, les autres parties du corps vont réagir elles aussi. D’où la nécessité de faire des manipulations parfois trop éloignées de la zone impactée.

  • Les deux derniers principes concernent le rôle des artères et l’autorégulation : si nous possédons une bonne circulation sanguine dans notre corps, celui-ci se portera mieux et il aura les moyens pour se soigner tout seul.

L’ostéopathie s’intéresse essentiellement aux pathologies fonctionnelles à savoir :

  • Le domaine pariétal (arthrose, entorses, sciatiques …) ;
  • Le domaine viscéral ;
  • Le domaine crânien (otite, vertiges, insomnies … ).

A ce propos, le Dr Ilyès Baghli a tenu un entretien avec le journal quotidien régional français « Midi Libre », dans lequel il explique ce qu’est l’ostéopathie sportive et ses indications. Toutes ces techniques : mésothérapie, ostéopathie, sophrologie, nutrition et médecine orthomoléculaire sont au service du sport et de la performance sportive de haut niveau.

« Midi Libre : Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est l’ostéopathie ?

Dr Ilyes Baghli : L’ostéopathie est une technique thérapeutique manuelle médicale, élaborée et codifiée par Andrew Still (1828 – 1917) aux U.S.A. en 1892 et qui a été améliorée par Robert Maigne en 1959 : règle de la non-douleur et du mouvement contraire. L’ostéopathie se définit donc comme une médecine manuelle s’intéressant aux troubles fonctionnels du corps humain.

L’ostéopathe est un horloger du corps qui utilise ses mains de différentes façons pour établir un diagnostic ostéopathique et dispenser le traitement. Par différents tests de mobilité, tant au niveau articulaire (vertébral ou périphérique), qu’au niveau viscéral ou crânien, il évalue l’état des différents systèmes du corps humain. Il emploie, dans ce but, différents types de palpations qui lui permettront d’évaluer la forme, le volume, la consistance ou la tension et la position des structures évaluées. Le corps humain ne peut bien fonctionner que si son intégrité mécanique est préservée : la structure gouverne la fonction.

Midi Libre : Comment préserver cette structure osseuse avec la médecine ostéopathique ?

Dr Ilyes Baghli : Elle constitue deux rôles, préventif et curatif.  Le rôle curatif intervient lors d’un traumatisme ou de chute, après avoir demandé des examens complémentaires, afin de rééquilibrer l’organisme, de diminuer le temps d’immobilisation et d’optimiser la rééducation.

Son rôle préventif consiste à un suivi mis en place tout au long de la saison d’entraînement et de compétition. Car comme dit l’adage « Mieux vaut prévenir que guérir. »

Ainsi le suivi s’organise de la manière suivante :

– Une visite périodique selon l’intensité de l’effort.

– La mise en place d’un canevas d’interrogations.

– Difficulté dans un geste technique.

– La dissymétrie dans un geste technique.

– L’apparition de douleurs dans des mouvements particuliers.

– La mise en place de tests articulaires, ligamentaires et tendineux.

– La rééquilibration du sujet si nécessaire.

– Des conseils sur une musculation ou des étirements particuliers.

– faire des « révisions » répétées afin de déceler le moindre déséquilibre, souffrance.

Midi Libre : Quelles sont les différentes étapes dans l’acte ostéopathique ?

Dr Ilyes Baghli : Il y a différents types de manipulations :

– Directe : avec points d’appui manipulatifs au voisinage de l’articulation.

– Indirecte : avec points d’appui manipulatifs à distance de l’articulation.

– Semi-indirecte : un point au voisinage et l’autre à distance de l’articulation.

Composantes des mouvements manipulateurs :

– Dans le plan sagittal : torsion.

– Dans le plan frontal : latéroflexion.

– Dans le plan latéral : rotation.

Les 3 temps de la manipulation :

– Mise en position du patient et de l’opérateur.

– Recrutement vertébral et mise en tension.

– Impulsion manipulatrice avec règle de la non douleur et du mouvement contraire « Principe de Maigne ».

Le craquement :

– Il accompagne l’impulsion manipulatrice.

– Il signe la brusque séparation des surfaces articulaires.

– Il est dû à un phénomène de cavitation : une bulle de gaz se forme dans le liquide synovial.

Midi Libre : Comment intervient le plan de suivi d’ostéopathie lors d’un stage d’entraînement ?

Dr Ilyes Baghli : D’abord un bilan d’ostéopathie de début de stage est effectué afin de déceler des troubles ou des déficits. Ce bilan obligatoire nous informe sur l’état de chaque joueur pour la récupération physique et physiologique. Il y’a par la suite le planning de suivi durant la compétition :

– Une action ponctuelle sur chaque joueur afin de pallier les petits déséquilibres la veille d’un match, sans avoir à tout reconstruire.

– Une action après le match sur chaque joueur.

Midi Libre : Que faut-il faire en cas de traumatisme ?

Dr Ilyes Baghli : On intervient immédiatement pour rééquilibrer rapidement l’articulation après traitement traumatique.

Après cela, un bilan mensuel est demandé pour un Check up, en plus des contrôles durant la compétition.

Midi Libre : Pouvez-vous nous citer quelques cas ?

Dr Ilyes Baghli :

– La prise en charge ostéopathique des cyclistes et des tennismen durant les compétitions est régulièrement retransmise à la télévision.

– Le cas de David Beckham du Manchester United dont les tests posturologiques avaient révélé un pied porteur expliquant ses chutes au retraits latéraux. Ce cas a été pris en charge par l’équipe d’ostéopathes du Real Madrid qui avait retrouvé une subluxation au niveau de sa cheville et qui a été convenablement réduite.

– La préparation du champion tunisien du décathlon, Hamdi Dhoubi, adressé par la Fédération tunisienne d’athlétisme, le 6 juillet 2006 à El Hamma Alger, par Dr Feu Brahim Baba. Dix jours après, il décroche le titre de la meilleure performance africaine de l’année 2006 à l’ile Maurice. Son problème ostéopathique ne résidant pas au niveau de son épaule, mais plutôt au niveau de la cheville contro-latérale, ce qui déclenchera un déséquilibre, d’où une note éliminatoire lors du lancer du poids, durant compétitions précédentes.

– Les préparatifs de notre Equipe nationale algérienne de football à Oum Dorman, quatre jours après le match du Caire, a permis de la métamorphoser grâce à la mise à niveau effectuée par l’ostéopathe allemand l’ayant accompagnée.

– La prise en charge ostéopathique du Dr. Mamoun Chalabi au centre médical Aspetar à Doha au Qatar de Madjid Bouguerra et Nadir Belhadj durant le mois d’avril 2010 leur a permis une remise en forme parfaite en vue de la Coupe du monde 2010 en Afrique du sud.

– Madjid Bouguerra ayant contracté une blessure aux ischio-jambiers suite au match choc face au Celtic-Glasgow le 28 fevrier 2010.

– Nadir Belhadj a contracté une blessure au niveau des adducteurs lors d’un entraînement avec son équipe anglaise Porthsmouth de Pompei le 24 mars 2010.

– Mourad Meghni a également subi une remise en forme ostéopathique du 22 mars au 22 avril 2010 au centre médical d’Aspétar à Doha, mais il a été victime ultérieurement d’une seconde blessure à la reprise des entraînements ayant nécessité une intervention chirurgicale sur le tendon rotulien du genou gauche, le 04 juin 2010 avec une longue période de convalescence, d’où sa non-participation au Mondial de juin 2010 en Afrique du sud.

Mourad Meghni vient de reprendre la compétition après 18 mois d’absence avec son nouveau club qatari d’Um Salal, samedi 16 juillet 2011. »

Le Dr Ilyès Baghli a fait aussi une intervention en direct  pour une émission sur Radio France International RFI à propos de l’ostéopathie sportive :

« RFI : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans la pratique de l’ostéopathie en Algérie ?

Dr Ilyès Baghli : En Algérie, la principale difficulté c’est le manque du nombre d’ostéopathes. Nous sommes pratiquement 4 ou 6 sur une zone de 400 KLM et parfois nous recevons un patient qui vient de l’extrême Est, Annaba par exemple qui est à 1200 KLM de nous. Vous pouvez comprendre ainsi que le fait de lui demander de revenir peut lui poser certaines difficultés. Donc, le principal obstacle c’est l’indisponibilité d’ostéopathe à proximité des patients.

RFI : Une fois que vos patients vous consultent, est-ce qu’ils sont convaincus de l’ostéopathie et reviennent-ils vous voir ?

Dr Ilyès Baghli : Oui tout à fait, parce le résultat il est là. Au cours de la consultation initiale on explique au patient toute la méthodologie diagnostique et thérapeutique que nous allons appliquer. Nous employons un vocabulaire médical et le message est bien reçu de la part du patient qui est pris en charge d’une façon holistique c’est-à-dire cliniquement mais aussi énergétiquement et psychiquement. Nous sommes là pour lui dire qu’il ne faut plus accepter d’être malade après les séances de l’ostéopathie. »